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19-09-2020 - 07:0519-09-2020 - 08:59

Nous ne sommes pas dans un monde qui change. Michel Serres disait que nous faisons face à un changement de monde.

Une entreprise n'est pas hors sol, elle est sur une terre, une terre qui appartient à un pays, un pays qui a ses règles et lois. C'est tout un écosystème, un milieu où se côtoient divers organismes qui tissent des réseaux complexes, qui luttent âprement pour leur droit à exister encore demain.

Si l'écosystème change, tous les organismes subissent la pression du changement, insignifiant pour les uns, fabuleux pour les autres. Chacun s'adapte, cherche de nouvelles positions de confort, forme de nouvelles alliances, entre dans de nouveaux conflits, crée de nouveaux échanges, consomme et produit différemment. De nouveaux liens de dépendance paraissent, d'autres flanchent, de nouveaux réseaux émergent, d'autres s'évanouissent.

Les luttes entre organismes sont nombreuses comme le sont les ententes : entreprises, groupes, États, individus, associations, … tout ce petit monde collabore et s'oppose à la fois. Quand l'écosystème change, c'est tout ce qui le compose qui est en crise [1] . C'est un moment critique, un mot dont les racines étymologiques sont les mêmes.

Un changement de monde c'est un moment où les changements du monde ont convergé, où ils forment un précipité. Cela s'accompagne de deux particularités pressantes : une forme d'accélération soudaine et un caractère d'irréversibilité. Nous y sommes. Les uns auront vu cette tendance naître avec quelque avance sur les autres au travers d'une série d'événements qu'ils auront connectés avec discernement et acuité.

Un changement de monde, c'est œcuménique. Je ne peux absolument pas faire l'économie de cette notion parfaitement fondamentale car si on se focalise sur la seule transformation de l'entreprise, il me semble bien qu'on se trompe d'échelle. Les individus sont en crise, la société est en crise, les États sont en crise … c'est cela cette notion œcuménique : un caractère universel qui concerne l'ensemble des terres habitées. Dans des changements d'une telle ampleur, il faut trouver les femmes et les hommes capables d'inventer un nouvel astrolabe et de le manipuler avec intelligence et érudition.

Ce qui se passe donc dans le milieu se passe aussi dans chaque organisme qui le compose. Chaque organisme est un milieu en soi, un écosystème dans l'écosystème. Là aussi collaborations et luttes coexistent. Ne pas voir cette réalité, ou ne pas vouloir la voir, c'est obstruer son champ de vision, c'est se tromper d'emblée, c'est vouloir croire à une réalité extravagante, c'est faire objet de caprice et d'aveuglement. Les faits doivent être examinés de la manière la plus brute possible pour pouvoir agir sur ceux qui ne nous paraissent pas propices et sur lesquels nous pouvons avoir quelque emprise.

L'action doit être tant tournée vers l'intérieur que vers l'extérieur dans les échanges avec le milieu. Il va falloir oser la métamorphose à l'intérieur et à l'extérieur, oser la transition, oser l'adaptation. Et il faudra que cet état de mouvement devienne perpétuel !

Nous devons nous mettre en déséquilibre progressiste, un état où chaque position de déséquilibre est balancé par un déséquilibre suivant opposé résultant en un équilibre global qui nous permette d'avancer. Nous allons tous devoir devenir des équilibristes imprégnés d'un but plus lointain, le regard porté vers un horizon établi par nos objectifs tout comme le funambule qui doit s'interdire de regarder ses pieds sous peine de chuter.

Les changements dans les (éco)systèmes sont permanents, souvent lents. Leurs effets ne se font ressentir qu'avec inertie. Ce qui est annoncé désormais comme un changement de monde est un évènement proprement "catastrophique" caractérisé par deux propriétés : une accélération soudaine du phénomène et son irréversibilité. Nous allons voir ses deux attributs se manifester tant et plus, comme une véritable apocalypse (ἀποκάλυψις ― apokálupsis : « action de révéler », dérivant de apokaluptein, « découvrir » ou « dévoiler ». Le mieux est de s'y préparer de manière sereine mais résolue.

Notes

[1] … un moment de décision, d'action où l'on va couper, séparer, trancher avec un état connu.


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